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Construire un nouveau possible: une société sans stéréotypes de genre

Pourquoi les stéréotypes de genre se trouvent dans toutes les sociétés humaines ?

L’origine des catégories dualistes masculin/féminin

Françoise Héritier, anthropologue du 20èmesiècle, a notamment travaillé sur les différences entre les sexes. Selon elle, à son origine, la pensée humaine aurait été canalisée de telle manière qu’il n’y avait qu’une vision stéréotypée qui était possible. Cela s’expliquerait notamment par des connaissances qui ont aujourd’hui disparu et des schémas de pensée qui étaient bien moins développés. Aujourd’hui, nous voyons la réalité telle quelle se présente à nos yeux, c’est-à-dire réalisés par des hommes en sociétés. Ce qui, selon Françoise Héritier, pose la question de savoir s’ils ont réalisé tout ce qui était possible de réaliser ? « Ils », ce sont les hommes préhistoriques. Ce sont eux qui ont créé les systèmes de vision selon lesquels nous vivons. Bien qu’aujourd’hui nous ayons une meilleure connaissance, il existerait encore des possibles qui n’ont jamais été réalisés. Parmi lesquels, peut être, une société sans stéréotypes de genre.

Une société sans stéréotypes de genre existerait par opposition aux catégories dualistes masculin/féminin. Ce sont par ailleurs ces catégories qui englobent tous les éléments de notre environnement en leur attribuant le signe mâle ou femelle. Cela représente la façon dont les êtres humains ont décodé le réel et ont mis des mots pour le décrire. Ces catégories dualistes existeraient de par l’observation qu’il existe deux sexes. La reproduction est par ailleurs au centre de ce schéma de penser selon lequel les femmes ne seraient qu’un réceptacle de la semence masculine et n’y joueraient qu’un second rôle. Ce serait donc l’origine de la pensée dominante hiérarchisée, avec des stéréotypes porteur de valeurs plutôt valorisantes pour les hommes et dévalorisantes pour les femmes.

Dépasser l’existence des stéréotypes: la remise en cause d’Une socialisation influencée par le genre

Aujourd’hui, nous allons dans la bonne direction dans le dépassement des stéréotypes. Il y a une prise de conscience de plus en plus importante que les stéréotypes ne sont ni la nature ni la réalité. En effet, selon Françoise Héritier, on ne peut dépasser l’existence des stéréotypes qu’en prenant conscience de leur existence.

Mais, malgré une évolution socioculturelle marquée ces dernières années par une dynamique d’émancipation des femmes, les rapports sociaux de sexe continuent d’exercer leurs effets sur la construction des identités et sur les inégalités entre les femmes et les hommes. En effet, pour une partie encore importante des individus, les stéréotypes n’apparaissent pas en tant que tels mais comme un fait naturel, une réalité surtout dans la mesure où ils ont pendant longtemps été légitimés par les médias ou encore par les politiques. En effet, dès leur plus jeune âge, le genre influence la socialisation des individus. Par la socialisation, les individus ont un découpage binaire du monde (masculin/féminin). Ils intériorisent dès l’enfance des normes et des codes sociaux, différenciés selon les sexes, qu’ils reçoivent de leurs parents. C’est notamment par l’intermédiaire de cette catégorisation que les stéréotypes de genre font surface.

Reintroduire Le regard des femmes: un nouveau possible

La publication le 6 février 2020 de l’ouvrage d’Iris Brey, Le regard féminin, une révolution à l’écran, nous replonge dans la question de la représentation des femmes, son origine, et comment sont véhiculés ses représentations. L’occasion également de remettre en cause une culture installée dans nos sociétés celle du « Male gaze ».

Le « Male gaze » c’est le regard masculin. C’est le regard qui tend à faire des femmes des objets de désirs dans l’audiovisuel, le théâtre, la culture au sens large. A contrario, Iris Brey tend à réintroduire dans son ouvrage la notion de « Female gaze ». C’est-à-dire remettre un regard de femme derrière les caméras et de filmer les femmes sans en faire des objets. Permettre de représenter ainsi la singularité des expériences féminines et remettre en question la vision dominante masculine. En d’autres termes une vision mainstream de l’homme hétérosexuel qui participe à la construction d’un certain type de féminité. La prédominance de « Male gaze » dans le cinéma, les séries, les publicités, etc. qui, il faut le souligner, tend à reproduire des représentations de domination masculine.

finalement …

La continuité de ce dépassement implique donc en partie la modification du comportement des individus par rapport à leurs enfants. En effet, ce dernier est une des sources de la reproduction de ce schéma de penser. Néanmoins, selon Françoise Héritier, cela passe surtout par la modification des rapports sociaux. Ces derniers passant notamment par l’éducation, la rue, la publicité, les médias, le travail, la politique, etc.

Retrouvez l’interview de Françoise Héritier : https://youtu.be/hZfrA0ugFhM

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