Salarié aidant : comment repérer, informer et accompagner dans votre entreprise
Dans presque toutes les entreprises que nous accompagnons, quelqu’un aide un proche. Un parent âgé qui ne peut plus rester seul. Un enfant qu’il faut emmener à chaque rendez-vous médical. Un conjoint qui perd son autonomie.
Ces salariés arrivent à l’heure et tiennent leurs objectifs. Ils ne disent rien.
Selon une enquête menée en 2026 par AG2R LA MONDIALE auprès de salariés, 26 % d’entre eux aident un proche fragilisé. Cet article fait le point sur ce que recouvre le statut de salarié aidant et sur ce que prévoit la loi. Le guide Diversidées prolonge la réflexion pour les employeurs.
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▸Plus d’un salarié sur quatre aide un proche, selon une enquête déclarative d’AG2R LA MONDIALE (2026). ▸Dans une entreprise de 500 personnes, cela représenterait environ 130 salariés. ▸Congé de proche aidant, allocation journalière, don de jours : les droits existent, et l’article en rappelle le cadre. ▸Les salariés concernés en parlent peu à leur employeur, et les dispositifs restent sous-utilisés. ▸Le guide Diversidées va plus loin : chiffres détaillés, règles pour en parler, leviers d’action et autodiagnostic en 12 questions. |
Qu’est-ce qu’un salarié aidant ?
Un salarié aidant est une personne qui travaille et apporte une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, sans que ce soit son métier. Cette aide peut être quotidienne, morale ou financière, et les trois se cumulent souvent.
Pour une personne handicapée, le Code de l’action sociale et des familles (article R. 245-7) range parmi les aidants familiaux le conjoint, le concubin, le partenaire de PACS, un ascendant, un descendant ou un collatéral jusqu’au quatrième degré. Ils ne doivent pas être salariés pour cette aide.
Trois formes d’aide, souvent cumulées
- Au quotidien : aide médicale (prise de traitements), toilette, repas, déplacements, démarches, rendez-vous médicaux.
- Morale : présence, écoute, coordination avec les soignants et la famille.
- Financière : prise en charge de frais, avance de dépenses, aménagement du logement.
Un statut qu’on ne revendique pas toujours
Sur le terrain, nous entendons souvent : « Je donne juste un coup de main. »
Beaucoup de salariés ne se reconnaissent pas dans le mot « aidant », alors qu’ils y consacrent des heures chaque semaine. Une communication qui ne parle que de statut aidant risque de ne pas les toucher. Le choix des mots compte, et nous l’abordons dans notre article sur les bons mots pour ne pas discriminer.
Combien de salariés aidants dans une entreprise ?
L’enquête AG2R LA MONDIALE de 2026 donne un ordre de grandeur : 26 % des salariés aident un proche fragilisé, soit plus d’un sur quatre. Dans une entreprise de 500 personnes, cela représenterait environ 130 salariés.
Ces données sont déclaratives. Elles donnent un repère et ne remplacent pas un comptage dans votre entreprise. Le guide Diversidées présente les autres résultats de cette enquête, notamment sur la difficulté de concilier travail et aide.
Pourquoi les salariés aidants n’en parlent pas à leur employeur
Une partie importante des salariés aidants n’informe pas son employeur. Peu d’entre eux ont déjà utilisé un dispositif d’aide, alors qu’un grand nombre d’organisations en proposent un. Le guide détaille ces chiffres et les raisons que les salariés avancent.
Trois freins qu’on retrouve en entreprise
Les salariés ne savent pas à qui s’adresser, ni ce qui restera confidentiel. Le congé et les aménagements existent, mais ils sont rarement présentés. Et beaucoup redoutent d’être réduits à leur situation.
Sur ce point, le sujet recoupe celui du handicap invisible au travail : ce qui ne se voit pas ne se dit pas toujours.
Congé de proche aidant, AJPA, don de jours : ce que prévoit la loi
Voici quatre dispositifs, donnés à titre d’exemples. D’autres existent. Les salariés de la fonction publique ont les mêmes droits.
Le congé de proche aidant
Sans accord ni convention collective, le congé de proche aidant (souvent appelé congé aidant) dure 3 mois au maximum. Il est renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.
Le salarié prévient son employeur au moins un mois avant le départ, sauf situation urgente. L’employeur ne peut pas refuser. Le congé compte pour les avantages liés à l’ancienneté, et le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire. L’employeur ne le rémunère pas, sauf accord. Le détail est sur la fiche service-public.gouv.fr.
L’allocation journalière du proche aidant
Pendant son congé, le salarié peut percevoir l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Elle est versée dans la limite de 66 jours par personne aidée, et de quatre personnes sur l’ensemble de la carrière. Des conditions précises portent sur la situation de la personne aidée.
Le don de jours de repos
Un salarié peut renoncer à des jours de repos, de façon anonyme et sans contrepartie, au profit d’un collègue proche aidant. Ce don est prévu par l’article L. 3142-25-1 du Code du travail.
L’aménagement des horaires
Il est possible sur demande. Les conditions dépendent de la situation et des accords internes.
Une charte ou un accord pour aller plus loin
La loi fixe un socle. Un accord d’entreprise ou une charte peut aller plus loin, sur les horaires ou le télétravail par exemple. Ce qui convient dépend de la taille de l’entreprise, de ses métiers et de ses équipes.
Comment accompagner les salariés aidants
Plusieurs leviers existent : mesurer la situation, former les managers et les RH, ouvrir la parole par l’expérience, offrir un espace d’écoute. Aucune entreprise ne les active tous. Le bon choix dépend de votre taille, de vos équipes et de votre point de départ. Le guide les présente et aide à choisir par où commencer.
Côté formation, Diversidées propose Vivre son statut d’aidant en entreprise, pour les salariés aidants, les RH, les référents aidant, les chargés de mission handicap et les managers. La formation Faire vivre et dynamiser sa politique handicap s’adresse aux chargés de mission handicap.
Côté sensibilisation, le Théâtre Forum et The Big Quiz font partie des formats qui ouvrent la discussion. La Journée nationale des aidants, chaque année le 6 octobre, offre un point d’appui naturel.
Le dispositif d’écoute et d’accompagnement de Diversidées comprend la ligne d’écoute Hallô et une permanence. Il offre aux salariés un espace confidentiel, tout au long de l’année.
Le guide Diversidées sur les salariés aidants
On a réuni dans un guide de 11 pages les chiffres de l’enquête, le cadre légal, cinq règles pour en parler, six leviers d’action et un autodiagnostic en 12 questions. Il s’adresse aux DRH, aux directions RSE et aux référents handicap.
Les résultats détaillés, la méthode et le score de l’autodiagnostic sont dans le guide, pas dans cet article.
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Par où commencer dans votre entreprise ?
Dans vos équipes, quelqu’un aide un proche en ce moment. Nommer le sujet suffit parfois à ouvrir la parole : un mot juste, un interlocuteur identifié, deux ou trois dispositifs que tout le monde connaît.
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Diversidées est certifié Qualiopi. Selon votre branche professionnelle, les formations peuvent être financées par votre OPCO.
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FAQ
Qu’est-ce qu’un salarié aidant ?
C’est un salarié qui apporte une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, sans que ce soit son métier. L’aide peut être quotidienne, morale ou financière.
Quels sont les droits d’un salarié aidant ?
Il peut demander un congé de proche aidant, percevoir l’allocation journalière du proche aidant pendant ce congé, bénéficier de jours de repos donnés par des collègues et demander un aménagement de ses horaires. Les salariés de la fonction publique ont les mêmes droits.
Un salarié aidant doit-il prévenir son employeur ?
Rien n’impose au salarié de se déclarer aidant du seul fait de sa situation. S’il demande un congé de proche aidant, il adresse sa demande à l’employeur au moins un mois avant le départ, sauf situation urgente.
Sources : AG2R LA MONDIALE, baromètre santé au travail 2026 (enquête déclarative auprès de salariés). service-public.gouv.fr, fiche « Congé de proche aidant » (secteur privé). Code de l’action sociale et des familles, article R. 245-7. Code du travail, article L. 3142-25-1.

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